Andrezé (Maine-et-Loire)
Château ruiné des Hayes Gasselin (14ème; 16 ème siècle).
Construit vers 1400, le château était une forteresse entourée de douves et d'un étang de 4 ha. Ce château comportait un châtelet à tourelles, une tour, trois corps de logis ayant conservé de belles cheminées à bottes ainsi qu'une chapelle dédiée à Saint-Gilles. Jean Gasselin en devient maître en 1434 puis la demeure passe de main en main.
En 1747, le château appartenait à Bernardin-Marie Pantin* (1747-1827), chevalier de la Guère, capitaine au régiment de Penthièvre, et chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint Louis.
Les Républicains brûlèrent le château en 1794*. La famille Pantin vendit le domaine au député Ambroise Joubert-Bonnaire*.
Depuis 1893, le domaine appartient à la famille de Clermont-Tonerre.
René Kerviler dresse une courte biographie de Bernardin-Marie de Pantin.(En préface à "Le Procès Des 132 Nantais" - 1801)
"Qu'il me suffise de dire que Bernardin-Marie de Pantin, comte, puis marquis de la Guère, appartenait à une ancienne famille originaire de Pantin près Paris, dont une branche, fixée en Bretagne, fut déclarée noble d'ancienne extraction par arrêt des commissaires de la Réformation, en date du 19 août 1669, et possédait la seigneurie de la Guère démembrée de celle d'Ancenis. Né à Ancenis le 5 juin 1747, il avait été sous-lieutenant au régiment de Penthièvre-infanterie en 1764, lieutenant en 1771, capitaine en second en 1779, capitaine commaudant en 1787, et lorsqu'il donna sa démission, le 15 septembre 1791, il était, depuis le 13 février, chevalier de Saint-Louis. Il avait épousé à Orléans, en 1790, Thérèse-Delphine-Alix de Brouvil le, et il n'émigra point ; mais il dut subir souvent des visites domiciliaires au château de la Guère, où lui naquit une fille le 2 décembre 1792 : on rapporte même que, lors de l'une de ces expéditions, les patriotes coupèrent le cou à un malheureux perroquet qui s'obstinait à crier : Vive le Roi ! Membre du comité royaliste qui s'organisa à Ancenis enjuin 1793, pendant l'occupation de la ville par l'armée Vendéenne, il devait être naturellement désigné aux vengeances de la Montagne."
Début 1794, un détachement du Général Cordelier, connu pour avoir conduit une des colonnes infernales la 9éme), stationne une quinzaine de jours dans le bourg, utilisant l’église comme écurie et comme grange pour ses chevaux. La plupart des maisons et des fermes sont incendiées ainsi que le château des Hayes-Gasselin , et le moulin à vent situé à l’emplacemen tactuel du château du Moulin-Brûlé.
Ambroise-Jules Joubert-Bonnaire (1829 Angers- 1890 Angers) était un industriel (filature de toile à voiles) et négociant issu d'une riche famille d'Angers. Elu député centre-droit en 1871, il se déclara lui-même un jour "monarchiste et mac-mahonien". Il fut l'auteur d'une proposition sur le travail des enfants dans les manufactures ainsi conçue : « Les enfants ne pourront être employés par des patrons, ni être admis dans les manufactures, usines, ateliers ou chantiers, avant l'âge de dix ans révolus. » Il vota également pour les prières publiques, pour l'abrogation des lois d'exil (proposition de M. Alfred Giraud, député de la Vendée, abrogation des lois d'exil de 1832 et de 1848 concernant les deux branches de la dynastie capétienne), et contre l'amendements Wallon (l'amendement Wallon, 30 janvier 1875, dispose que: « Le président de la République est élu à la majorité absolue des suffrages par le Sénat et la Chambre des députés réunis en Assemblée nationale. Il est nommé pour sept ans ; il est rééligible. » Par cet amendement, la République est définitivement assise en France. L'amendement d'Henri Wallon a été abrogé par le premier des actes constitutionnels de Vichy, le 11 juillet 1940.)
Par Daniel Jolivet - Andrezé (Maine-et-Loire), cc-by-2.0
Par Daniel Jolivet
04/02/2026